Ce vendredi 5 décembre 2025, le lycée professionnel Nelson Mandela d’Audincourt a ouvert ses portes à la dessinatrice de bande dessinée Anaïs Bernabé.
Cette venue a été proposée en vue de l’événement de la fête de la BD, celui-ci s’étant déroulé à Audincourt les 6 et 7 décembre.
Deux classes ont eu la chance de participer à cette rencontre, ce qui a permis une incitation à la lecture pour les élèves, mais aussi une série de questions réponses posées par eux-mêmes. Les classes concernées étaient une classe de 2de MRC (Métiers de la Relation Client) et une classe de 2de HPS (Hygiène, Propreté, Stérilisation).
Suite à cela, ils ont eu la chance de discuter avec elle afin qu’elle puisse nous raconter son parcours, mais aussi sa vie en tant que jeune dessinatrice.

En effet, Anaïs Bernabé nous a confié qu’elle se considérerait encore comme jeune dessinatrice ou débutante jusqu’au jour où elle aura finalisé 10 bandes dessinées. Pour le moment, cette dernière en est à 7, mais de nouveaux projets sont en cours.
Parcours de l’autrice :
Le dessin n’a pas toujours été une évidence. Plus jeune, Anaïs Bernabé a commencé par des études de droit, qui n’ont pas été fulgurantes en termes d’exaltation, puisque la jeune femme ne se voyait pas en faire son métier. Elle a ensuite commencé à apprendre beaucoup sur l’hypnose régressive et à exercer ce domaine un certain temps. Mais durant ses années d’études, elle s’est rendu compte que dessiner lui permettait de se libérer et de laisser sa créativité et ses émotions parler. C’est ainsi qu’elle a commencé par travailler dans une entreprise de jeux vidéo. Ses projets étaient portés sur le jeu Assassin’sCreed, mais travailler en entreprise représentait trop de pression et bloquait sa créativité. C’est ainsi qu’elle a commencé à travailler à son compte en tant que dessinatrice.
Travailler à son compte apporte des avantages à la jeune femme. Cela lui apporte une certaine liberté qu’elle ne retrouvait pas en entreprise : elle travaille où elle veut, quand elle veut. Étant plus libre, elle est maîtresse de son univers ; ses choix créatifs sont maintenant le fruit de son travail. Elle peut également choisir sur quel projet elle travaillera ou non, en fonction de ses passions ou encore de ses convictions.
Malheureusement, Anaïs nous confie également que des inconvénients se font voir, comme une instabilité financière, puisque sa rémunération dépend de son travail et surtout de la quantité fournie. Mais fournir en grande quantité n’est pas une mince affaire, puisqu’un autre inconvénient apparaît : c’est le syndrome de la page blanche. Parfois, il arrive de ne plus trouver d’inspiration nulle part.
En parlant d’inspiration, Anaïs la trouve un peu partout autour d’elle. Elle observe son quotidien et imagine un monde fictif autour de celui-ci. Mais elle puise aussi parfois dans ses rêves, au sens propre comme au sens figuré. Elle ne parle pas forcément de ses rêves lorsqu’elle est en état de sommeil, mais de ses rêves au sens où elle rêve, comme tout le monde, d’une certaine vie, de partir à l’aventure, de devenir quelqu’un d’autre…
En tant que débutante, comment arriver à se faire une place dans ce milieu ?
Le premier projet de cette dessinatrice a été une reprise d’un travail préexistant. Laurent Vicomte travaillait sur le projet de la bande dessinée Sasmira, mais a dû céder sa place en raison de problèmes de santé l’empêchant d’exercer davantage. Ce dessinateur connaissait personnellement un parent d’Anaïs Bernabé, et c’est ainsi qu’en tant que débutante, la dessinatrice s’est mise à travailler sur ce gros projet qui avait déjà une certaine visibilité et qui était attendu avec impatience pour la suite des prochains tomes par ses lecteurs.
Cela lui a alors permis de lancer sa carrière assez rapidement et d’être repérée par des scénaristes, par exemple.
Quel support matériel est utilisé ?
Anaïs Bernabé lui ont fait la chance d’apporter et de nous montrer certains de ses dessins. Pour ce qui est du support matériel utilisé, tout dépend des dessinateurs ou dessinatrices. Certains utilisent du papier dessin, du papier Canson. Ça a été le cas pour certains travaux de la dessinatrice qu’elle nous a présentés. Mais la plupart de ses dessins sont faits au crayon de couleur sur papier calque.
Selon elle, le papier calque est plus vivant. Elle le compare à une matière organique. Elle donne l’exemple de l’eau qui froisse le papier calque à son contact, comme l’eau nous plisse la peau.
La plupart du temps, elle dessine alors là-dessus, puis le scanne sur ordinateur avant de l’envoyer à son éditeur.
Ce métier serait-il en danger à cause des IA ?
En 2025, l’intelligence artificielle est en mesure de fournir un travail impressionnant, capable de générer des images en fonction d’une demande précise. Nous pourrions alors nous demander si le métier de dessinateur est en danger. L’IA pourrait-elle remplacer ce métier ? La dessinatrice s’est exprimée à ce sujet :
« Dessiner, c’est quelque chose qui passe par le corps, par les sensations. Chose que l’IA ne transmet pas, donc je pense que notre métier y survivra, même si je ne sais pas comment il évoluera. »
Selon elle, ce qui fait vivre un dessin et ce qui le rend attirant pour le spectateur, c’est la part de personnalité mise dedans. Une part du dessinateur, de sa pensée et de son âme est le reflet de son travail. C’est ce qui le rend dissociable du travail d’une IA, qui n’est capable de produire seulement ce qu’elle sait sur ce qui lui est demandé, et qui n’est pas capable d’inventer réellement.
Propos recueillis par Manon Maffeïs, stagiaire.
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